Djibouti lance sa campagne officielle pour son élection en tant que membre non-permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies

La République de Djibouti a annoncé à New-York le lancement de sa campagne officielle pour son élection en tant que membre non-permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

En effet, en juin 2020, la 74ème Assemblée générale des Nations Unies devra élire cinq des dix membres non-permanents du Conseil de Sécurité pour la période 2021-2022. Un de ces cinq sièges revient statutairement à l’Afrique et, selon la tradition de rotation régionale adoptée par l’Union africaine, c’est au tour de l’Afrique de l’Est de postuler.

La République de Djibouti a fait connaitre ses intentions, sa détermination et la qualité de sa candidature dès la fin 2016. Depuis son accession à l’indépendance en 1977, le pays est résolument impliqué sur la question essentielle de la résolution des conflits et de la promotion de la paix.

Situé au cœur de la Corne de l’Afrique, une région à la fois complexe et stratégique, Djibouti a su mettre en œuvre une politique d’ouverture et de coopération internationale élargie, comme en témoigne le nombre de grandes puissances amies qui disposent d’infrastructures économiques ou militaires sur son territoire.

De plus, la République de Djibouti est activement engagée dans la lutte contre le terrorisme et dans la sécurisation du commerce maritime au niveau du détroit stratégique de Babel-Mandab.
Djibouti s’est aussi impliquée résolument dans la lutte contre la piraterie et pour la protection des réfugies en accueillant sur son sol nombre de structures d’appui.

Outre sa participation à de nombreuses missions de maintien de la paix sous drapeau onusien, le pays s’est profondément engagé depuis le début des années 90 dans le processus de paix et de dialogue en Somalie avec le déploiement de troupes par le biais de l’AMISOM (mission de paix de l’Union africaine en Somalie).

La République de Djibouti incarne une plate-forme unique en termes de dialogue, de médiation, d’échanges et de résolution des conflits. A travers sa candidature, c’est cette expérience, cet engagement et ce regard de l’Afrique sur les affaires du monde que le pays entend apporter au Conseil de Sécurité.

Cette candidature symbolise aussi la nécessité de prendre en compte la contribution des « petites nations » aux décisions qui déterminent l’avenir de la planète, en particulier en ce qui concerne la question du changement climatique.

Dans le cadre de cette campagne, la République de Djibouti dispose de l’appui de l’Organisation de la Coopération Islamique, de l’Organisation Internationale de la Francophonie et de la Ligue arabe.

Néanmoins, Djibouti regrette et conteste énergiquement le processus mené au sein de l’Union africaine qui a abouti à la candidature concurrente du Kenya. Ce processus s’est déroulé en violation flagrante des règles et des traditions de l’organisation.

Ces textes précisent qu’en cas de candidatures multiples ou d’absence de consensus, les Etats sont départagés selon deux principes : celui de la dernière rotation et celui de la fréquence.
Dans les deux cas de figure, la candidature de la République de Djibouti aurait dû s’imposer. En effet, Djibouti a servi au Conseil de Sécurité pour la dernière fois entre 1993-1994 et le Kenya en 1997-1998. En outre, Djibouti n’a servi qu’un seul mandat dans toute son histoire (1993-1994) et le Kenya deux mandats (1977-1978 et 1997-1998).

Djibouti réaffirme son attachement inconditionnel à l’unité africaine ainsi qu’à la coopération politique et diplomatique entre les nations du continent. Mais les règles adoptées démocratiquement entre les Etats de l’Union africaine doivent s’appliquer à tous.

C’est pourquoi le pays considère sa candidature comme légitime et comme celle de l’Afrique réunie. En conséquence, il entend la défendre et la promouvoir jusqu’au vote devant l’Assemblée générale des Nations Unies en juin 2020.